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jeudi 29 mai 2008

Comment le web change le monde Part 5

Suite et fin de ce compte rendu de lecture du livre de Pisani et Piotet.
Aujourd'hui, un chapitre sur les média et la conclusion.
Le tout reste dans le même genre que ce qui a précédé. Une bonne intro mais pas assez de détails. Le chapitre sur les médias est pas mal foutu, il ouvre de bonne piste de réflexion, même si je l'ai trouvé moins critique que les autres. Non pas qu'il soit uniquement positif envers ce que les auteurs appellent les média de participation, mais on ne trouve pas autant de mise en garde sur les dérive possible.
Les outils web qui permettent ce nouveau rapport à l'actualité nous sont bien présenté : netvibes, agoravox, youtube delicious etc. La manière dont ils sont utilisé aussi. Les réactions des média traditionnel est aussi bien expliqué. Mais j'ai l'impression qu'on en reste là. Il y a comme un gout d'inachevé. Même si tout est plutôt bien expliqué, il y a quelque chose qui manque. Peut-être un peu de distance critique, peut-être un peu de réflexion autour de tout ces changements. J'ai l'impression d'être face à un catalogue d'outils, un catalogue de changement, des listes de raisons de changement, mais pas à une analyse critique.
Dommage.

La conclusion est quant à elle, à l'image du livre. Voilà le web tel qu'il se fait. J'ai l'impression de donnée une image assez désenchanté à la fin de la lecture de ce livre, mais je crois qu'il y a une part de déformation professionnelle importante. J'ai besoin de fait, de raisonnement argumenté, d'analyse critique. Or ce livre n'est pas là pour ça. Il est là pour présenter comment le web change le monde, bref, qu'est-ce qui se passe sur le web en ce moment, quelles sont les directions de réflexion intéressante qu'il amène. Et c'est bien ce qu'il donne.
On en ressort avec un bon panorama des outils que le web nous propose, des usages qui en sont fait, et des perturbations que tout cela pourraient provoquer. Même s'il n'y a pas toute la distance critique nécessaire à une analyse académique, on sent quand même que les auteurs ne veulent pas succomber à leur enthousiasme, et c'est une bonne chose.

Voilà. À noter toutefois que la postface est étrange. Elle se termine sur une note qui ne reflète pas vraiment le point de vue des auteurs. "de chaque "webacteur" dépendra tout de même la capacité de ce "beaucoup" à nous propulser vers le progrès ou à nous expédier dans le mur."
Je n'ai pas l'impression qu'il y ait le moindre doute à avoir pour les auteurs. Nous n'allons pas dans le mur, même si pour eux il faudra faire preuve d'esprit critique, il n'y a pas de doute à avoir. Pour preuve la conclusion se termine sur la révolte des usagers et qu'il y a là une note d'espoir pour les auteurs.

Bon sinon, pour ceux qui voudraient aller plus loin, en anglais, le livre de Yochai Benkler "The wealth of networks" est en quelque sorte le pendant académique du livre de Pisani et Piotet. En francais, Objectif blogs ! est un regard interessant sur la sociologie du web actuel, à travers les blogs. Et puis il y a aussi Le Web 2.0 en perspective pour une regard critique sur les idées que mettent en avant Pisani et Piotet.
Bonne lecture à tous

lundi 26 mai 2008

Comment le web change le monde Part 4

Après un weekend passé à ne rien faire, je reviens avec l'avant dernière partie de mon compte-rendu du livre de Pisani et Piotet : Comment le web change le monde.
Aujourd'hui au programme deux chapitres de la troisième et dernière partie du livre. "Une économie de la relation peut-elle être rentable ?" et "Vers l'entreprise liquide ?".
Deux questions avec l'économie au coeur. Deux chapitre très inégaux.
Le premier est une sorte de commentaire lucide, et j'insiste sur ce point, du livre de Chris Anderson "The long tail" matiné de commentaire tiré de Wikinomics. Le second est le chapitre peut-être le plus fouillé du livre. Tout les deux sont intéressant, mais pas au même titre.

Avec le premier, on est introduit à certains phénomènes intéressant du Web. La longue traine évidemment, avec son corolaires les marchés de niches. Mais aussi le concept de consommacteur, l'idée que le consommateur participe aujourd'hui activement à la production des produits qu'il consomme. Plus généralement il est question d'économie de la participation.
La partie la plus intéressante de ce chapitre est celle où les auteurs s'interrogent sur la viabilité des modèles économiques du web actuel. Ils rejoignent alors par certains aspects des idées que développe Chris Anderson (encore lui) dans son article intitulé Free, mais dans des perspectives assez différentes.
J'insiste (encore) sur le fait que ce chapitre même s'il est assez faible (peu de référence factuelle) est assez lucide et refuse de tomber dans le déterminisme technologique que l'on retrouve chez Anderson et Tapscott (l'auteur de Wikinomics). On trouve donc parfois de saines interrogation sur les risques associés aux transformations annoncés par les auteurs que Pisani et Piotet citent.
Le chapitre 7 est en revanche bien mieux foutu. Les analyses sont plus fines, plus critiques quand il le faut, et surtout elles sont soutenu par des faits. Tout le chapitre est peint en tonalités grises. On en ressort avec l'impression que les nouvelles technologies du web sont entrain de mettre une pression sur le monde de l'entreprise, mais on ne sait pas si cette pression est positive ou pas. Et surtout on se rend bien compte que s'il n'y a pas d'adoption de ces techniques, rien ne changera. Bref, une révolution technologique n'est rien si elle n'est pas suivit par une transformation culturelle.
Quoi qu'il en soit, le concept d'entreprise liquide est interessant et les auteurs nous donnent une bonne idée de ce qu'il faut comprendre par là. Ils nous introduisent par là à de nombreux outils disponible sur le web.

Le but de la troisième partie du livre est de répondre à la question "Ce que le web change". Pour le moment c'est bien le cas, mais plutôt que de dire où tout cela nous emmène, ils ne font que pointer dans certaines directions en prenant bien soin de pointer les problèmes qui peuvent survenir, ainsi que les raisons pour lesquels nous pourrions suivre d'autres directions.

La suite très bientôt.