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mercredi 22 juillet 2009

Us now : les usages que nous faisons d'Internet (et qqs nouveautés)

Un bref msg aujourd'hui pour vous faire part de cette petite découverte. Un documentaire fort intéressant sur nos usages du net. Ça dure une heure, c'est en anglais sous-titré et c'est libre de droit !
J'ai trouvé ça sur InternetActu. Je vous suggère d'aller faire un tour sur cette page, elle comporte en plus plein d'info sur ce qui est vu dans le documentaire.


Autrement, j'ai mis à jour mon wiki. J'y ai ajouté des infos sur certains bouquins que j'ai lu ces dernières semaines. Pas grand chose à ce mettre sous la dent je dois bien l'avouer, mais c'est un début. Essentiellement les tables des matières et mes premières impressions de lectures. Parfois quelques citations.
Au programme : The Wealth of Networks, The Future of the Internet, Born Digital, et Des libertés numériques. Pour le moment les modifs ne sont pas permises, mais les commentaires sont possible. Je verrais si à l'avenir je changerais ça.

samedi 18 juillet 2009

Kindle et Liberté comme non domination

Il y a quelques temps (en fait il y a très longtemps, mais j'avais dans l'idée de recommencer sous peu, avant que l'actualité ne me force la main), je vous avais bassiné avec le concept de liberté comme non-domination. Il me semblait à l'époque, et il me semble toujours aujourd'hui, qu'à l'heure d'Internet et des bits, il est préférable d'abandonner notre conception traditionnelle de la liberté comme absence de contrainte. La décision d'Amazon, hier, de supprimer deux livres du Kindle de ceux qui les avaient achetés (Ironie du sort, il s'agissait de 1984 et Animal Farm, de Orwell), me renforce dans mon idée que cela est nécessaire. Je m'explique.


Avec les bits, on assiste à l'avènement du tout mesurable. Tout devient quantifiable et donc vérifiable, surveillable et contrôlable, surtout ce qui ne l'était pas avant, à savoir les productions intellectuelles. Dès lors que l'on peut transformer des lois et des normes en des sortes de "lois de la nature", (les DRM viennent par exemple incarner les lois sur le droit d'auteur), on accorde un "pouvoir" bien plus grand à celui qui est censé être protégé par ces lois.Il ne s'agit plus alors de contrôler la diffusion de l'oeuvre, mais l'oeuvre elle-même, comme si elle était un objet incarner. Les DRM permettent ainsi d'interdire certains usages (l'échange entre autre) aux fichiers musicaux. Pour donner un exemple tiré du monde des objets, c'est comme si le créateur du pot de fleur que vous veniez d'acheter avait la possibilité de vous interdire de mettre certain type de fleurs dans ce pot (ou autre chose, l'échange, la revente, la reproduction etc.)


Des outils comme le Kindle, ou l'Iphone ajoute une dimension encore plus forte à ce contrôle. En effet, ces deux objets sont constamment connectés au réseau, et surtout reste en communication constante avec Amazon ou Apple. Ce sont des objet complètement "propriétaire", des "Appliances" pour rependre le vocabulaire de J. Zittrain. Bref. si l'une de ces deux compagnies souhaite transformer le service qu'elle vous a rendu, elle a la possibilité de le faire. C'est ce qui s'est passé dans le cas de la suppression de 1984. On peut aussi imaginer des cas plus "osé", dans lesquels un livre ferait l'objet d'une plainte en diffamation et dont le texte se verrait transformer en directe sans forcément que le lecteur en ait conscience, sans qu'il soit consulté au préalable. Bref, ce que permet un monde de bits et de réseaux, et ce que nous montre l'exemple d'Amazon, c'est la perte d'une certaine autonomie. Le contrôle que bits et réseaux permettent, et qui se trouve exemplifié par le "cas" Kindle, n'est pas un contrôle qui nous contraint, c'est un contrôle qui pourraient nous contraindre, c'est-à-dire une domination. Lorsque nous utilisons le Kindle, nous sommes en effet soumis à la domination d'Amazon (et surtout à travers cette compagnie, des auteurs), qui peut décider unilateralement de changer le ToS de son appareil, ou de modifier (ou supprimer) le texte des ouvrages que nous sommes censé posséder. À travers le Kindle, Amazon possède sur nous un pouvoir discrétionnaire dont la compagnie peut faire un usage arbitraire. Et on ne peut rien y faire si l'on s'accroche à une conception de la liberté comme absence de contrainte. On se rend compte qu'il y a intuitivement quelque chose qui cloche, mais on n'y peut pas grand chose et surtout, on reste condamner à juger au cas par cas. Avec la liberté comme non-domination, on possède un cadre à partir duquel il est possible de trouver des solutions général à ce genre de problème.


À titre de supplément, deux petits billet interessant :


http://futureoftheinternet.org/orwellian-indeed
http://diveintomark.org/archives/2007/11/19/the-future-of-reading

jeudi 16 juillet 2009

Citoyenneté et Internet.

Trop longtemps la philosophie politique ne s'est interessé qu'aux institutions garantissant la justice. À partir des années 90, il est toutefois devenu clair que pour qu'un système fonctionne, il fallait que les citoyens s'investissent, et un grand nombre de théories de la citoyenneté ont été développé. Il s'agissait alors de trouver des solutions au déclin constaté de l'interêt pour la vie publique. Pour plus de détails sur tout cela, je renvoie au chapitre 7 de l'excellente introduction à la philosophie politique de W. Kymlicka : Contemporary Political Philosophy : An Introduction. Aussi interessantes que puissent être toutes ces tentatives pour penser le citoyen dans la théorie politique, il me semble que l'angle même à partir du quel on l'a fait pose problème. Tout d'abord, je ne suis pas certain qu'il y ait effectivement un désinterêt pour la vie publique. Et ensuite, je doute que la philosophie en tant qu'entreprise normative, puisse saisir un fait aussi polymorphe et pluraliste que l'action citoyenne (sauf à changer le paradigme dans lequel elle évolue). La recherche de justification à la participation citoyenne pour convaincre les individus de s'investire dans la vie publique me semble à tout le moins utopiste, voire carrément débile. C'est oublier ce fait essentiel que devrait garder à l'esprit toute personne travaillant avec ou sur les hommes : les gens n'en font toujours qu'à leur tête !


Ces théories de la citoyenneté pourraient avoir leur interêt pour penser Internet, si elles ne souffraient des problèmes que je viens de citer. D'autant que sur Internet peut-être encore plus qu'ailleurs, les individus vivent leur citoyenneté de manière fort différente. Pour cela, justement P. Mathias propose dans son ouvrage Des libertés numériques, non plus de penser Internet à partir de notre concept de citoyen, mais de "construire le concept de l'"e-citoyenneté" à partir des pratiques reticulaires dont nous observons le foisonnement" (p. 113). Si j'avoue ne pas avoir bien saisi ce que Mathias fait de cette idée dans la suite de son livre (peut-être est-ce du au fait qu'il jargonne constamment, et qu'il n'hésite parfois pas à se laisser aller à un lyrisme typiquement post-moderne), l'idée me convient très bien. Plutôt que de chercher à réformer quelque chose à partir de principes normatifs abstrait, il me semble bien plus sain de commencer par voir comment ces choses fonctionnent pour essayer de faire en sorte qu'elle fonctionne au mieux. (J'ai conscience au passage de tenir ici des propos bien hégelien, mais je ne les crois pas complètement incohérent avec un certain nietzschéisme.)


L'action citoyenne sur Internet doit donc être saisie puis pensée à partir des formes multiples que prend sa pratique. Mais si l'on garde à l'esprit que l'Internet n'est que texte, on peut cependant résumer ces pratiques en un slogan : la politique comme conversation. (Cette phrase n'est pas de moi et l'idée est courante. Elle a notamment été reprise par le mouvement "Government 2.0", mais je n'arrive plus à remettre la main sur la source originale.)

lundi 6 juillet 2009

Science, Confiance et Internet.

Ouais, il ne s'est même pas écoulé une semaine depuis mon dernier billet et déjà en voilà un nouveau. Qu'on se rassure cependant, c'est du réchauffé ! Mais l'actualité me permet de faire remonter un truc à la surface que personne n'a du lire : mon papier intitulé Science, Confiance et Internet (attention c'est long, mais c'est téléchargeable en format pdf), papier que j'ai présenté (au passage) lors du congrès de la Société Canadienne d'Histoire et de Philosophie des Sciences en mai.
Bref donc l'actualité en question c'est ça : un article de Ars Technica sur un éditeur de revue scientifique qui a décidé de passer au tout numérique. L'auteur du billet énumère certains avantages du passage au numérique, que l'on peut résumer à "c'est plus pratique". Pour ma part, je vais plus loin, et je passe en revue certaines initiatives comme le projet Science Commons, et surtout les idées de D. Taraborelli sur les bienfaits possibles d'un delicious.com pour les articles scientifiques (voir son article ici).
Bonne lecture.

vendredi 3 juillet 2009

Après un long silence, quelques nouveautés !

Presque tout est dans le titre.
L'été est là, j'ai un peu de temps pour moi, plus de cours et beaucoup de lecture à faire. Bref, c'est le moment idéal pour essayer de me mettre à tenir un rythme d'écriture potable.
Je vais donc faire le ménage sur ce blog, mettre des trucs à la poubelle, en garder d'autre, mais surtout je vais essayer de faire ce qu'il faut pour qu'il ait un peu plus de gueule.
Donc première étape aujourd'hui.
Je viens de mettre ma bibliographie à jour. Elle est disponible ici :
http://writer.zoho.com/public/niespika/Biblio-propre2
J'ai ôté quelques titres qui n'avait pas grand rapport avec le sujet, du moins pas directement. Il reste certains titres qui peuvent paraître étranges, mais il me semble nécessaire pour bien comprendre le rapport entre technologie et société (par exemple le livre de Hacking : La construction sociale de quoi). Les deux principales additions sont les livres de Darin Barney : Prometheus Wired, et de Paul Mathias : Des libertés numériques. Deux livres que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire, mais qui sont pile poil sur mon sujet. Ce sont deux livres de philosophie qui traite d'Internet. Dès que je les auraient lus, ils feront l'objet d'un compte-rendu ici.
Je viens aussi de publier une revue du livre de Jonathan Zittrain : The Future of the Internet and How to Stop it. À lire là : http://writer.zoho.com/public/niespika/Revue-de-The-futur-of-the-Internet-and-how-to-stop-it
Il y a plusieurs autres livres dont j'ai l'intention de faire des compte-rendus. Notamment, Born Digital, Code 2.0, The Wealth of Networks et Republic.com 2.0. J'espère bien pouvoir les publier toutes d'ici à la fin de l'été, mais je ne promets rien.
C'est tout pour le moment. J'ai plusieurs idées d'articles et j'espère pouvoir arriver à tenir un rythme régulier à partir de la semaine prochaine (genre 1 article toutes les semaines).
A+

mercredi 3 décembre 2008

Enfin du nouveau !

Ça fait maintenant plusieurs mois que je n'ai rien publié sur le blog. Je ne promets pas de me remettre à le faire régulièrement, mais j'espère pouvoir recommencer à publier des trucs sous peu. J'ai transformé l'interface il y a peu. Elle me semble plus lisible.
J'ai aussi ajouté un petit plus au niveau des commentaires en utilisant le système Intense Debate, ce n’est pas grand-chose, mais je trouve que l'idée est pas mal.

Je commence aussi à accumuler un peu de contenu pour nourrir le wiki Zoho que j'avais mis en place il y a quelque temps déjà, mais qui était plutôt vide. Fiche de lecture, note sur des auteurs ou des idées.

Le but que je me fixe est toujours celui de me servir de ce blog comme d'une plateforme pour exposer des idées que je souhaite explorer pour ma thèse. On verra bien si je réussirais à m'y tenir.

jeudi 5 juin 2008

Un peu de socio-économie des TIC

Une amie vient de me signaler que se tiendront à Rennes les 24 et 25 juin, les 5e Doctoriales du GDR TIC et société. J'avoue que je ne sais pas trop de quoi il s'agit, tout ce que je sais c'est que des doctorants de diverses disciplines (Sociologie, Anthropologie, Economie etc.) viendront présenter certains des leurs travaux et de leur résultats.
Je ne pourrais pas y assister, car 1) Je dois donner des cours à Paris le même jour et 2) il y a la journée d'étude Vox Internet II sur le thème "Revisiting Internet Governance in a human/object networks" qui aura lieu le 25 juin aussi. (Plus d'info sur leur site).

Quoi qu'il en soit, le programme disponible ici est alléchant. Donc pour ceux qui aurait la chance de pouvoir y aller (il me semble que c'est ouvert à tous, mais qu'il est nécessaire de s'inscrire, comme d'ailleurs pour la journée d'étude Vox Internet II) ce sera sûrement une truc super. Et pour ceux qui ne pourraient pas, le site met à disposition les textes ou présentation des diverses présentations. Et ça c'est vraiment bien !

Bref n'hésitez pas à faire un tour sur les deux sites, y a plein de trucs.

mardi 3 juin 2008

Le point sur certains ajouts et fonctionnalitées

Bon allez encore un sujet qu'est pas de la philo et juste du web 2.0. Bon il s'agit en fait surtout de Niespika de manière générale.
Je me demandais (tiens je vais faire un sondage) qui utilisait ou suivait les divers "plus" que j'ai ajouter ces derniers mois ?
Alors de quoi s'agit-il ? Tout d'abord de Netvibes.
J'ai ouvert il y a quelques temps un Univers Netvibes. Ce me permet de centraliser les informations que j'émets, mais aussi celle que je reçoit.
J'ai mis 5 onglets. 3 qui concerne les flux que j'émets (L'univers de Niespika, Niespika : le blog, Autour de Niespika) et 2 pour les flux que je "reçois", c'est à dire les flux d'infos que je trouvent les plus pertinent (Des blogs à suivre, Journaux).
Un des outils que j'aime bcp sur Netvibes, c'est la possibilité de signaler des pages interessantes. C'est le widget que j'ai appellé "Informations pertinantes". J'ai aussi ajouté ce flux directement sur le blog, il est disponible à droite des billets sous le titre "L'univers Niespika" (Je vais d'ailleurs peut-être changer le nom pour mettre là aussi "Informations pertinentes").
En revanche je ne sais pas trop qui consulte ces liens. Trouvez-vous cela intéressant ?
J'hésite à ce propos à ouvrir un compte Friendfeed. Je ne suis pas certain qu'il y ait un vrai plus par rapport à ce que j'utilise déjà. L'univers Netvibes me permet de centraliser les info que je diffuse. Il est vrai en revanche que ca ne me permet pas de les émettre, comme le ferait Friendfeed. J'aimerais bien avoir votre avis sur la question.

Qu'ais-je mis dans ces divers onglets ?
L'Univers de Niespika centralise les infos directement pertinentes pour le blog. Flux RSS du blog, Flux RSS des commentaires, le flux des infos pertinantes, mais aussi mon Twitter. Il est vrai que j'utilise moins ce dernier pour Niespika. On retrouve aussi sur cet onglet le mur, n'hésitez pas à y mettre vos commentaires.

Le blog, c'est tout simplement le blog.

Les blogs à suivre, ce sont les blogs que je suis. Prétention un peu mégalo. Les blogs que je suis sont à suivre :) Mais, je pense qu'il y a là une sélection assez représentatives des sujets que je suis.

Les journaux. Bah là ce sont les journaux que je suis régulièrement. Je n'ai, pour je ne sais quelle raison, pas pu ajouter Digg. Il semble en effet depuis plusieurs mois que Digg commence à devenir moins orienté tech et plus généraliste. Donc il y a trois journaux classique (Le New York Times, Le Monde, Wired) et deux site collaboratif (Agoravox, Wikio).

Autour de Niespika c'est l'onglet qui ouvre plusieurs outils que j'utilise. Delicious qui me permet de stocker des adresse de sites, ou de billets (que je signal dans mes activités Netvibes : Informations pertinantes) qui peuvent avoir un intérêt. Et surtout Zoho doc et Zoho wiki. Sur Zoho doc, j'upload des textes (pour le moment) de compte-rendu de lecture, et tout ce qui peut avoir un intérêt. Ces papiers peuvent être discuter sur la pages elles-mêmes. J'utilise le wiki pour prendre des notes, pour mettre en ordre mes notes. Je ne sais pas encore à quel point je vais ouvrir la participation au wiki.
Auriez-vous des suggestions d'utilisation pour ces outils ?

Je reviens sur Twitter que j'utilise de plus en plus pour faire n'importe quoi (à quoi d'autre sert Twitter ?). Je voulais l'utiliser au départ pour faire part de commentaire sur les livres que je lis, mais je me suis vite rendu compte que 140 caractères c'est trop peu. En revanche, j'ai découvert Tumblr depuis peu qui permet d'écrire plus. Je pense que je vais essayer de l'utiliser pour y mettre les citations intéressantes que je croise. Je n'en sais encore trop rien. Vous en pensez quoi ?

Et donc est-ce que vous utilisez un peu l'Univers que j'ai ouvert ?

jeudi 29 mai 2008

Comment le web change le monde Part 5

Suite et fin de ce compte rendu de lecture du livre de Pisani et Piotet.
Aujourd'hui, un chapitre sur les média et la conclusion.
Le tout reste dans le même genre que ce qui a précédé. Une bonne intro mais pas assez de détails. Le chapitre sur les médias est pas mal foutu, il ouvre de bonne piste de réflexion, même si je l'ai trouvé moins critique que les autres. Non pas qu'il soit uniquement positif envers ce que les auteurs appellent les média de participation, mais on ne trouve pas autant de mise en garde sur les dérive possible.
Les outils web qui permettent ce nouveau rapport à l'actualité nous sont bien présenté : netvibes, agoravox, youtube delicious etc. La manière dont ils sont utilisé aussi. Les réactions des média traditionnel est aussi bien expliqué. Mais j'ai l'impression qu'on en reste là. Il y a comme un gout d'inachevé. Même si tout est plutôt bien expliqué, il y a quelque chose qui manque. Peut-être un peu de distance critique, peut-être un peu de réflexion autour de tout ces changements. J'ai l'impression d'être face à un catalogue d'outils, un catalogue de changement, des listes de raisons de changement, mais pas à une analyse critique.
Dommage.

La conclusion est quant à elle, à l'image du livre. Voilà le web tel qu'il se fait. J'ai l'impression de donnée une image assez désenchanté à la fin de la lecture de ce livre, mais je crois qu'il y a une part de déformation professionnelle importante. J'ai besoin de fait, de raisonnement argumenté, d'analyse critique. Or ce livre n'est pas là pour ça. Il est là pour présenter comment le web change le monde, bref, qu'est-ce qui se passe sur le web en ce moment, quelles sont les directions de réflexion intéressante qu'il amène. Et c'est bien ce qu'il donne.
On en ressort avec un bon panorama des outils que le web nous propose, des usages qui en sont fait, et des perturbations que tout cela pourraient provoquer. Même s'il n'y a pas toute la distance critique nécessaire à une analyse académique, on sent quand même que les auteurs ne veulent pas succomber à leur enthousiasme, et c'est une bonne chose.

Voilà. À noter toutefois que la postface est étrange. Elle se termine sur une note qui ne reflète pas vraiment le point de vue des auteurs. "de chaque "webacteur" dépendra tout de même la capacité de ce "beaucoup" à nous propulser vers le progrès ou à nous expédier dans le mur."
Je n'ai pas l'impression qu'il y ait le moindre doute à avoir pour les auteurs. Nous n'allons pas dans le mur, même si pour eux il faudra faire preuve d'esprit critique, il n'y a pas de doute à avoir. Pour preuve la conclusion se termine sur la révolte des usagers et qu'il y a là une note d'espoir pour les auteurs.

Bon sinon, pour ceux qui voudraient aller plus loin, en anglais, le livre de Yochai Benkler "The wealth of networks" est en quelque sorte le pendant académique du livre de Pisani et Piotet. En francais, Objectif blogs ! est un regard interessant sur la sociologie du web actuel, à travers les blogs. Et puis il y a aussi Le Web 2.0 en perspective pour une regard critique sur les idées que mettent en avant Pisani et Piotet.
Bonne lecture à tous

lundi 26 mai 2008

Comment le web change le monde Part 4

Après un weekend passé à ne rien faire, je reviens avec l'avant dernière partie de mon compte-rendu du livre de Pisani et Piotet : Comment le web change le monde.
Aujourd'hui au programme deux chapitres de la troisième et dernière partie du livre. "Une économie de la relation peut-elle être rentable ?" et "Vers l'entreprise liquide ?".
Deux questions avec l'économie au coeur. Deux chapitre très inégaux.
Le premier est une sorte de commentaire lucide, et j'insiste sur ce point, du livre de Chris Anderson "The long tail" matiné de commentaire tiré de Wikinomics. Le second est le chapitre peut-être le plus fouillé du livre. Tout les deux sont intéressant, mais pas au même titre.

Avec le premier, on est introduit à certains phénomènes intéressant du Web. La longue traine évidemment, avec son corolaires les marchés de niches. Mais aussi le concept de consommacteur, l'idée que le consommateur participe aujourd'hui activement à la production des produits qu'il consomme. Plus généralement il est question d'économie de la participation.
La partie la plus intéressante de ce chapitre est celle où les auteurs s'interrogent sur la viabilité des modèles économiques du web actuel. Ils rejoignent alors par certains aspects des idées que développe Chris Anderson (encore lui) dans son article intitulé Free, mais dans des perspectives assez différentes.
J'insiste (encore) sur le fait que ce chapitre même s'il est assez faible (peu de référence factuelle) est assez lucide et refuse de tomber dans le déterminisme technologique que l'on retrouve chez Anderson et Tapscott (l'auteur de Wikinomics). On trouve donc parfois de saines interrogation sur les risques associés aux transformations annoncés par les auteurs que Pisani et Piotet citent.
Le chapitre 7 est en revanche bien mieux foutu. Les analyses sont plus fines, plus critiques quand il le faut, et surtout elles sont soutenu par des faits. Tout le chapitre est peint en tonalités grises. On en ressort avec l'impression que les nouvelles technologies du web sont entrain de mettre une pression sur le monde de l'entreprise, mais on ne sait pas si cette pression est positive ou pas. Et surtout on se rend bien compte que s'il n'y a pas d'adoption de ces techniques, rien ne changera. Bref, une révolution technologique n'est rien si elle n'est pas suivit par une transformation culturelle.
Quoi qu'il en soit, le concept d'entreprise liquide est interessant et les auteurs nous donnent une bonne idée de ce qu'il faut comprendre par là. Ils nous introduisent par là à de nombreux outils disponible sur le web.

Le but de la troisième partie du livre est de répondre à la question "Ce que le web change". Pour le moment c'est bien le cas, mais plutôt que de dire où tout cela nous emmène, ils ne font que pointer dans certaines directions en prenant bien soin de pointer les problèmes qui peuvent survenir, ainsi que les raisons pour lesquels nous pourrions suivre d'autres directions.

La suite très bientôt.