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vendredi 23 mai 2008

Comment le Web change le monde Part 3

Hier pas de billet. Non je n'ai pas du mal à tenir le rythme, j'ai simplement été très pris par Indiana Jones :). Même si ce n'est pas le meilleur des Indy, je n'ai pas été déçu ! C'était peut-être un peu trop, mais c'était du Indy quand même. Bon back to business !

Aujourd'hui petite revue de la deuxième partie du livre de Pisani et Piotet (pour la première partie cf. ici et ). Elle s'intitule "L'alchimie des multitudes" et se compose de deux chapitres "Les webacteurs créateur de valeur" et "l'alchimie des multitudes". Il s'agit cette fois de montrer comment le web est utilisé. Non plus des données sur les utilisateurs du web comme dans le premier chapitre, mais des exemples d'utilisations et de site. On parle donc de Digg, mais aussi de tout plein d'autre site qui fonctionne essentiellement grâce aux "webacteurs" qui les utilisent.
Le premier chapitre s'inspire du livre de David Weinberger "Everything is miscellaneous" (dont j'ai déjà parlé et ). Il s'agit de montrer que plus il y a de gens à utiliser Internet, mieux c'est. Et la conclusion est plus c'est le bordel, plus y a de chance que tout se range tout seul. Paradoxal, mais assez vrai sur le web. Le meilleur exemple c'est delicious, a priori un vrai souk, mais pourtant les tag permettent d'y retrouver les choses assez simplement. En théorie au moins. Le problème c'est qu'on ne trouve pas de réel critique de cette manière de voir. Est-ce vraiment le cas ? On ne sait pas. Sans être vraiment dithyrambique, ce chapitre n'est pas assez critique, non au sens de déconstructeur, mais au sens d'une analyse objective de la chose. En revanche on est face à un début d'analyse de l'idée de "sagesse des foules". Pisani et Piotet montrent bien qu'il s'agit d'une phrase choc, mais que la réalité est plus complexe. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils prefèrent parler d'alchimie des foules.
Dans l'ensemble ce chapitre sert à introduire les idées qui seront au coeur du suivant. On appréciera à la fin du chapitre les extraits de la conférence de Weinberger.

Le second chapitre est pour le moment le plus critique du livre. On y retrouve des mises en garde, mais aussi une courte analyse de trois des critiques du Web 2.0. Les lecteurs du blog de Pisani se souviendront que ces trois auteurs (Lanier, Carr, et Keen) avaient fait l'objet de trois billets fort interessant. Ils sont repris en partie dans ce chapitre.
Dans "L'alchimie des multitudes" il s'agit de mettre en garde contre l'idée véhiculée par la phrase "La sagesse des foules". Les auteurs sont tout à fait conscient qu'il y a plusieurs type d'action collective (ils en donnent différents exemples), et que peut en ressortir le meilleur comme le pire. C'est pour cela qu'ils préfèrent l'expression plus neutre d'alchimie des foules.
Autre point positif, on à le droit dans ce chapitre à un peu plus sur l'histoire d'Internet. C'est bref, trop bref, mais on apprend l'énorme influence de la culture hippie sur le développement de l'informatique.
Si le chapitre est globalement bon. Il est précis et mesuré. On sent poindre, malgré la réelle envie des auteurs de formuler des critiques aux Web 2.0, leur enthousiasme. Ils appellent, en réactions aux critiques idéologiques de Carr, Keen et Lanier (cf. à ce sujet ma réaction aux billets de Pisani) à des critiques plus fines, mais on a du mal à trouver, pour le moment en tout cas, de vrai critiques chez eux. On trouve des mises en perspective, mais pour le moment j'ai trouvé qu'elles n'étaient jamais assez fouillé. Le livre reste quoi qu'il en soit, dans l'ensemble une bonne introduction. Je ne doute de toute façon pas de la capacité française à critique bêtement à raison ou non, le web et ce qu'il peut changer. (Pour une critique interessante, mais bien trop superficielle, cf. le livre de F. Rébillard : Le Web 2.0 en perspective).

La suite bientôt.
(Photo Flickr : juliusdesign, .ste. )

mercredi 21 mai 2008

Comment le Web change le monde part 2

Donc je continue sur ma lancée d'hier avec une revue du troisième chapitre du livre de Pisani et Piotet.
Le chapitre s'intitule "les techniques discrètes du web aujourd'hui". Deux mots : excellent chapitre ! Non que les auteurs révolutionnent l'analyse du Web, mais ils réussissent à présenter simplement les techniques majeurs du Web 2.0. Bon c'est vrai mon avis est biaisé parceque je suis un utilisateur régulier des dites techniques, mais j'ai trouvé la présentation claire. On y aborde autant l'histoire derrière leurs apparitions, que leurs manières de fonctionner ainsi que ce qu'elle change par rapport au Web 1.0. Chapeau bas. J'ai même appris des trucs sur l'histoire du RSS et de l'Ajax.

Le chapitre se construit en trois partie. Une première qui expose ce qu'est le web d'ajourd'hui. La deuxième se penche sur les techniques et la troisième parle de ce que ça change.
Je n'ai pas grand chose à redire mis à part que le propos est trop bref. On aurait aimé avoir une analyse plus en profondeur. Peut-être pas les détails techniques, mais plus d'info. Mais si ça se trouve ce que je veux se trouve dans la suite du livre.

La suite donc demain normalement.

(Oui je sais c'est pas comme ça que je vais donner une orientation plus philosophique au blog. dsl)

mardi 20 mai 2008

Comment le Web change le monde Part 1

Donc, comme je le disais ce matin sur Twitter, j'ai commencé à lire le livre de Francis Pisani et Dominique Piotet Comment le web change le monde : l'alchimie des multitude. Je tiens d'ailleurs à les remercier pour leur initiative de demander à leur éditeur de mettre un certain nombre d'exemplaire de son livre gratuitement à disposition des blogueurs qui le souhaiterais, avec comme seule contrepartie de s'engager à en faire une review. Je m'envais donc honorer ma partie du deal.
J'avais au début l'intention de faire un post par chapitre. Je ne le ferais pas. Je vais découper ma critique en fonction de mes lectures, mais j'espère tenir le rythme de un billet par jour. J'avais promis la même chose pour le livre de Rebillard (cf. ici), mais je n'ai pas tenu. J'ai bien l'intention de tenir mon engagement cette fois-ci, ne serait-ce que par respect pour l'action de Francis Pisani. Aujourd'hui donc l'Intro et les deux premiers chapitres. Mais avant un rapide overview du livre.
Deux points noirs, mais c'est vraiment parceque je fonctionne comme un universitaire. Ni bibliographie, ni index. En revanche les notes sont pleines d'indications bibliographiques qui vont chercher autant dans le domaine académique que dans le domaine grand public.
Le découpage du livre est pas mal. 3 parties, 9 chapitres, un développement logique. Une introduction au web aujourd'hui, un analyse de ce que ce web représente et une grosse partie spéculative intitulé "Ce que cela change" dont le titre est assez explicite.
Dans le corps même de l'ouvrage, chaque chapitre est accompagné de petits encarts (on sent le journaliste) qui permettent un complément d'info en présentant un des penseurs de l'Internet (danah boyd, David Weinberger), un type d'application (Twitter, Zoho) etc.
Bref le livre se veut clairement comme une introduction grand public, mais serieuse au monde actuel d'Internet. À la lecture des premières pages, le pari me semble être réussi.

Donc mon avis en deux mots sur ce que j'ai lu pour le moment. On est clairement devant un traitement journalistique de la galaxie Internet. Les données et les analyses sont présentent mais n'étouffent jamais le propos. Il est dommage en revanche que les données soient présentée sous formes presque brutes. On a parfois des suites de paragraphes, ou de "points" qui accumulent des données. Les analyses suivent et sont claire, mais on aurait préféré avoir un propos plus fluide. Ca donne en tout cas à voir que les auteurs ont fouillé leur sujet.

Plus dans le détails maintenant. Je regrette l'absence d'une histoire de l'Internet. À la place nous n'avons que l'histoire récente, c'est à dire depuis l'éclatement de la bulle et encore très résumé. Ce n'était peut-être pas nécessaire, mais ca aurait permis à l'ouvrage d'apporter au grand public une information qui lui fait défaut.
On sent aussi chez les auteurs une volonté claire de nuancer leur propos, de ne pas tomber dans l'apologie. "Ces étranges effets peuvent nous donner de l'or, mais ça n'est jamais sûr" p.10. Malheureusement leur enthousiasme parait un peu trop pour que l'on puisse accorder vraiment du crédit à ces mises en garde. A ce point de ma lecture toutefois, je dois dire qu'on est bien loin de l'apologie. On sent bien que les auteurs sont enthousiasmes, ils ont raison à mon avis. Hegel et Kant aussi malgré leurs réserves ont vibré pour la révolution française. Non que le futur de l'Internet nous reserve le même genre de terreur. Disons que dans le cadre de chapitre que j'ai pu voir, les réserves émisent le sont en fin de chapitre, sous forme de questions. Le point de vue est donc clairement positif.

Le premier chapitre donne les clés sociologiques pour comprendre le rapport des jeunes à Internet aujourd'hui. Même si je suis bien content de voir l'utilisation faite des travaux de boyd, (espérons de ça permettent son introduction en France) je trouve que les sources sont un peu maigre. Bon il est vrai que ce n'est pas un ouvrage académique et que celles citées sont suffisante pour avoir une bonne idée de la situation actuelle. Quoi qu'il en soit, ce genre de chapitre, s'il touche un assez large public devrait permettre de faire changer l'idée d'un internaute autiste. Pour aller plus loin je suggère le livre de Castells (La galaxie Internet) ainsi que l'exellent Objectif Blog !
Donc bonne introduction, qui met le doigt sur les points importants du web. Points qui seront justement développer dans le deuxième chapitre.
Autant le premier chapitre était une bonne intro autant le second est trop court. Les deux concepts centraux du chapitre sont le réseau et l'individualisme en réseaux. Pisani et Piotet font, comme il se doit, un usage extensif des travaux de Laszlo-Barabasi (réseaux) et Wellmann (individualisme en réseaux) mais n'arrive pas à y rentrer en profondeur. On reste donc plus ou moins sur sa faim. Il aurait été interessant d'avoir une analyse un peu critique de la notion de réseaux par exemple.
Ces deux concepts sont plutôt complexes, et j'ai eu l'impression en lisant le chapitre, qu'on restait à la surface des choses. Il n'en reste pas moins que les auteurs nous permettent de nous faire une idée de ce que sont les réseaux sociaux et de ce qu'ils changent par rapport aux communauté traditionnelle. Pour une approche critique du même sujet, je suggère au passage le chapitre 1 du livre de Rébillard : Le web 2.0 en perspective. (cf. aussi ma critique du début de ce chapitre).
Bilan pour le moment globalement positif, même si le livre reste une introduction journalistique. Le public ciblé par le livre en aura pour son argent.

La suite donc, normalement demain (si je ne suis pas trop pris par Indiana Jones :) ).

Photo : amazon, Flickr : gainesp2003