
Aujourd'hui petite revue de la deuxième partie du livre de Pisani et Piotet (pour la première partie cf. ici et là). Elle s'intitule "L'alchimie des multitudes" et se compose de deux chapitres "Les webacteurs créateur de valeur" et "l'alchimie des multitudes". Il s'agit cette fois de montrer comment le web est utilisé. Non plus des données sur les utilisateurs du web comme dans le premier chapitre, mais des exemples d'utilisations et de site. On parle donc de Digg, mais aussi de tout plein d'autre site qui fonctionne essentiellement grâce aux "webacteurs" qui les utilisent.
Le premier chapitre s'inspire du livre de David Weinberger "Everything is miscellaneous" (dont j'ai déjà parlé là et là). Il s'agit de montrer que plus il y a de gens à utiliser Internet, mieux c'est. Et la conclusion est plus c'est le bordel, plus y a de chance que tout se range tout seul. Paradoxal, mais assez vrai sur le web. Le meilleur exemple c'est delicious, a priori un vrai souk, mais pourtant les tag permettent d'y retrouver les choses assez simplement. En théorie au moins. Le problème c'est qu'on ne trouve pas de réel critique de cette manière de voir. Est-ce vraiment le cas ? On ne sait pas. Sans être vraiment dithyrambique, ce chapitre n'est pas assez critique, non au sens de déconstructeur, mais au sens d'une analyse objective de la chose. En revanche on est face à un début d'analyse de l'idée de "sagesse des foules". Pisani et Piotet montrent bien qu'il s'agit d'une phrase choc, mais que la réalité est plus complexe. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils prefèrent parler d'alchimie des foules.
Dans l'ensemble ce chapitre sert à introduire les idées qui seront au coeur du suivant. On appréciera à la fin du chapitre les extraits de la conférence de Weinberger.
Le second chapitre est pour le moment le plus critique du livre. On y retr
ouve des mises en garde, mais aussi une courte analyse de trois des critiques du Web 2.0. Les lecteurs du blog de Pisani se souviendront que ces trois auteurs (Lanier, Carr, et Keen) avaient fait l'objet de trois billets fort interessant. Ils sont repris en partie dans ce chapitre.Dans "L'alchimie des multitudes" il s'agit de mettre en garde contre l'idée véhiculée par la phrase "La sagesse des foules". Les auteurs sont tout à fait conscient qu'il y a plusieurs type d'action collective (ils en donnent différents exemples), et que peut en ressortir le meilleur comme le pire. C'est pour cela qu'ils préfèrent l'expression plus neutre d'alchimie des foules.
Autre point positif, on à le droit dans ce chapitre à un peu plus sur l'histoire d'Internet. C'est bref, trop bref, mais on apprend l'énorme influence de la culture hippie sur le développement de l'informatique.
Si le chapitre est globalement bon. Il est précis et mesuré. On sent poindre, malgré la réelle envie des auteurs de formuler des critiques aux Web 2.0, leur enthousiasme. Ils appellent, en réactions aux critiques idéologiques de Carr, Keen et Lanier (cf. à ce sujet ma réaction aux billets de Pisani) à des critiques plus fines, mais on a du mal à trouver, pour le moment en tout cas, de vrai critiques chez eux. On trouve des mises en perspective, mais pour le moment j'ai trouvé qu'elles n'étaient jamais assez fouillé. Le livre reste quoi qu'il en soit, dans l'ensemble une bonne introduction. Je ne doute de toute façon pas de la capacité française à critique bêtement à raison ou non, le web et ce qu'il peut changer. (Pour une critique interessante, mais bien trop superficielle, cf. le livre de F. Rébillard : Le Web 2.0 en perspective).
La suite bientôt.
(Photo Flickr : juliusdesign, .ste. )

