danah boyd, vient de signaler sur son blog l'existence d'une interview d'elle en ligne. Très intéressant notamment parce qu'elle y résume ses recherches. Ça dure 14 minutes et ça vaut franchement la peine.
Vous trouverez la vidéo ici
mercredi 13 février 2008
Interview de danah boyd.
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Louis
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16:12
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Libellés : Divers
mardi 12 février 2008
Le Web 2.0 : Présentation générale du livre
Deux jours, deux messages. Espérons que ce rythme dure. Bon bref. Je suis entrain de lire un livre assez interessant en ce moment. Je viens tout juste de le commencer, mais j'ai déjà be
aucoup de chose à dire. Je vais donc essayer de faire une revue critique de chaque chapitre au fur et à mesure que je les lis.
Aujourd'hui donc une présentation générale du livre.
L'Auteur : J'avoue ne pas le connaitre. S'il a publié pas mal d'article comme l'indique ce site, il semble que ce soit son premier livre. Petit détail, il semble spécialisé dans l'étude du journalisme.
Le livre : Son titre complet est : Le web 2.0 en perspective, une analyse socio-économique de l'internet. Vaste programme. Vous pourrez trouver ici le quatrième de couverture qui en dit un peu plus. La structure est très simple.
Deux parties de chacune trois chapitres.
1 : Approche critique de la "révolution internet".
1.1 Celui dont je vais parler aujourd'hui. 1.2 De la consommation passive à la contribution active. 1.3 Du contrôle de la production à la liberté de la création.
2 : Proposition pour analyser les évolutions de l'internet.
2.1 Mettre à distance l'idéologie techniciste. 2.2 Prendre la mesure de la "nouveauté internet". 2.3 Historiciser les mutations.
Il serait peut-être mieux de faire une critique chapitre par chapitre après avoir lu le livre au complet. Mais je préfère y aller au fur et à mesure, quitte à me corriger après.
Mon avis sur ce que j'ai lu du livre jusqu'à présent.
La bibliographie : pour tout dire je la trouve assez faible. Si elle est tout de même fournie (109 références) elle ne contient presqu'aucun des livres emblématiques du Web 2.0 que l'auteur cherche à mettre en perspective. Ni The Long Tail, ni Wikinomics par exemple pour la littérature américaine, et je ne parle pas de livre plus récent comment celui de Weinberger. Aucun des livres de T. Crouzet (Le peuple des connecteurs, ou Le 5e pouvoi
r) non plus. Il me semble de difficile de vouloir faire l'analyse de quelque chose quand on n'étudie pas vraiment ce quelque chose.
Il me semble aussi que la quantité de travaux sociologique traitant de l'Internet récent est très faible. Rien ou presque rien, par exemple, sur Myspace (qui est pourtant cité plus d'une fois dans le livre), Facebook ou Friendster. Et pourtant ces sites ne sont pas si récent (Friendster c'est 2003, l'explosion de Myspace c'est 2003-2004, Facebook est ouvert au public depuis septembre 2006). Quoi de plus Web 2.0 que les site de réseaux sociaux comme Myspace ou Facebook ?
Bref s'il y a beaucoup de chose dans cette biblio, surtout du côté français d'ailleurs, et c'est très appréciable pour moi par exemple qui ait plus de références américaines, il y a à mon avis beaucoup de lacune. On y trouve quand même les essentiels, La revue Réseaux, Patrice Flichy, Manuel Castells, Serge Proulx, Henry Jenkins entre autre.
Quelques remarques générales : Premières impressions sur le vif. Je n'ai pour l'instant lu que l'intro et le premier chapitre, mais il y a déjà quelques petites choses qui me dérangent. Je reviendrais plus en détails dans mon prochain billet sur le premier ch.
J'ai trouvé que parfois l'auteur grossissait le trait. En effet je n'ai pas toujours trouvé dans ce que j'ai pu lire sur le Web 2.0 les exagérations que l'auteur place en son coeur. Par exemple p. 20 on trouve ceci : "De l'horizontalité des échanges émergeraient des créations jusqu'ici occultées par une organisation verticale conduisant peu ou prou à annihiler toute forme d'inventivité."
S'il est vrai que la première partie de la phrase est représentative du Web 2.0, la suite me semble absurde. Je n'ai pas eu l'impression de lire chez Tapscott ou Anderson par exemple, que le modèle vertical détruisait l'inventivité. Ce que j'y ai lu en revanche c'est que ce modèle n'était plus suffisant e
t surtout n'était pas optimum. On retrouve à la rigueur une critique assez forte de la verticalité chez Crouzet, mais avec plusieurs nuances. J'aurais de toute façon très certainement l'occasion de revenir sur ce genre d'idée.
Un autre trait du livre c'est l'idée qu'Internet n'est pas tant une révolution qu'une évolution. p. 13 par exemple : "Nous pensons (...) qu'un raisonnement binaire, opposant (...) les médias "traditionnels" et l'internet est à dépasser afin de percevoir les mouvements à l'oeuvre plutôt comme un processus d'hybridation." Cette idée qu'il ne faut pas opposer l'ancien et le nouveau se retrouve déjà chez Wolton (Cf. ici) le problème c'est que si Rebillard semble (pour le moment) plus clairvoyant que Wolton, sa notion de "dispositif de communication total" me parait très intéressante, il passe complètement à côté de ce qui fait d'Internet une vrai révolution à savoir que c'est un environnement numérique. Là encore j'aurais l'occasion de m'étendre sur le sujet.
Quoi qu'il en soit, pour l'instant la lecture de ce livre est plaisante. Le propos est interessant, même s'il est parfois caricatural voire à côté de la plaque. La suite au prochain post.
(Photo : Amazon, Flickr Frø, sammarin)
aucoup de chose à dire. Je vais donc essayer de faire une revue critique de chaque chapitre au fur et à mesure que je les lis.Aujourd'hui donc une présentation générale du livre.
L'Auteur : J'avoue ne pas le connaitre. S'il a publié pas mal d'article comme l'indique ce site, il semble que ce soit son premier livre. Petit détail, il semble spécialisé dans l'étude du journalisme.
Le livre : Son titre complet est : Le web 2.0 en perspective, une analyse socio-économique de l'internet. Vaste programme. Vous pourrez trouver ici le quatrième de couverture qui en dit un peu plus. La structure est très simple.
Deux parties de chacune trois chapitres.
1 : Approche critique de la "révolution internet".
1.1 Celui dont je vais parler aujourd'hui. 1.2 De la consommation passive à la contribution active. 1.3 Du contrôle de la production à la liberté de la création.
2 : Proposition pour analyser les évolutions de l'internet.
2.1 Mettre à distance l'idéologie techniciste. 2.2 Prendre la mesure de la "nouveauté internet". 2.3 Historiciser les mutations.
Il serait peut-être mieux de faire une critique chapitre par chapitre après avoir lu le livre au complet. Mais je préfère y aller au fur et à mesure, quitte à me corriger après.
Mon avis sur ce que j'ai lu du livre jusqu'à présent.
La bibliographie : pour tout dire je la trouve assez faible. Si elle est tout de même fournie (109 références) elle ne contient presqu'aucun des livres emblématiques du Web 2.0 que l'auteur cherche à mettre en perspective. Ni The Long Tail, ni Wikinomics par exemple pour la littérature américaine, et je ne parle pas de livre plus récent comment celui de Weinberger. Aucun des livres de T. Crouzet (Le peuple des connecteurs, ou Le 5e pouvoi
r) non plus. Il me semble de difficile de vouloir faire l'analyse de quelque chose quand on n'étudie pas vraiment ce quelque chose.Il me semble aussi que la quantité de travaux sociologique traitant de l'Internet récent est très faible. Rien ou presque rien, par exemple, sur Myspace (qui est pourtant cité plus d'une fois dans le livre), Facebook ou Friendster. Et pourtant ces sites ne sont pas si récent (Friendster c'est 2003, l'explosion de Myspace c'est 2003-2004, Facebook est ouvert au public depuis septembre 2006). Quoi de plus Web 2.0 que les site de réseaux sociaux comme Myspace ou Facebook ?
Bref s'il y a beaucoup de chose dans cette biblio, surtout du côté français d'ailleurs, et c'est très appréciable pour moi par exemple qui ait plus de références américaines, il y a à mon avis beaucoup de lacune. On y trouve quand même les essentiels, La revue Réseaux, Patrice Flichy, Manuel Castells, Serge Proulx, Henry Jenkins entre autre.
Quelques remarques générales : Premières impressions sur le vif. Je n'ai pour l'instant lu que l'intro et le premier chapitre, mais il y a déjà quelques petites choses qui me dérangent. Je reviendrais plus en détails dans mon prochain billet sur le premier ch.
J'ai trouvé que parfois l'auteur grossissait le trait. En effet je n'ai pas toujours trouvé dans ce que j'ai pu lire sur le Web 2.0 les exagérations que l'auteur place en son coeur. Par exemple p. 20 on trouve ceci : "De l'horizontalité des échanges émergeraient des créations jusqu'ici occultées par une organisation verticale conduisant peu ou prou à annihiler toute forme d'inventivité."
S'il est vrai que la première partie de la phrase est représentative du Web 2.0, la suite me semble absurde. Je n'ai pas eu l'impression de lire chez Tapscott ou Anderson par exemple, que le modèle vertical détruisait l'inventivité. Ce que j'y ai lu en revanche c'est que ce modèle n'était plus suffisant e
t surtout n'était pas optimum. On retrouve à la rigueur une critique assez forte de la verticalité chez Crouzet, mais avec plusieurs nuances. J'aurais de toute façon très certainement l'occasion de revenir sur ce genre d'idée.Un autre trait du livre c'est l'idée qu'Internet n'est pas tant une révolution qu'une évolution. p. 13 par exemple : "Nous pensons (...) qu'un raisonnement binaire, opposant (...) les médias "traditionnels" et l'internet est à dépasser afin de percevoir les mouvements à l'oeuvre plutôt comme un processus d'hybridation." Cette idée qu'il ne faut pas opposer l'ancien et le nouveau se retrouve déjà chez Wolton (Cf. ici) le problème c'est que si Rebillard semble (pour le moment) plus clairvoyant que Wolton, sa notion de "dispositif de communication total" me parait très intéressante, il passe complètement à côté de ce qui fait d'Internet une vrai révolution à savoir que c'est un environnement numérique. Là encore j'aurais l'occasion de m'étendre sur le sujet.
Quoi qu'il en soit, pour l'instant la lecture de ce livre est plaisante. Le propos est interessant, même s'il est parfois caricatural voire à côté de la plaque. La suite au prochain post.
(Photo : Amazon, Flickr Frø, sammarin)
Publié par
Louis
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18:50
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Libellés : Critique de livre, Internet, Web 2.0
lundi 11 février 2008
L'identité polyphonique
Qu'est-ce que je suis sur Internet ? Qu'est-ce qui me fait et me rend reconnaissable pour les autres ?
Sur Terre, dans notre univers fait d'atomes, la base de l'identité c'est notre corps. Ce que je suis, c'est au moins mon cerveau. Si la réponse est bien plus complexe que cela, il est indéniable qu'aux yeux des autres, ce qui fait de moi un être unique c'est mon corps. C'est d'ailleurs pour ça que l'on est confus lorsqu'on se retrouve face à des jumeaux par exemple. Qui est qui ? Sans rentrer donc dans le détails des controverses philosophiques sur le fondement de l'identité, il nous suffit pour le moment de nous en tenir à cette idée. C'est grâce à mon corps que j'ai une identité.
Mais sur Internet je n'ai pas de corps, et je ne peux pas en avoir. D'ailleurs je peux très bien n'y être rien. Si je ne suis pas présent sur Internet je ne peux pas y avoir d'identité. Exactement pareil que sur Terre. Je ne suis quelqu'un que si je suis présent sur Terre, je suis présent grâce à mon corps, c'est donc la source de mon identité. Quelle est, alors, la source de ma présence, de mon identité sur Internet ? Ce que je dis, ce que je fais. Les bits ne sont que la transposition de l'information, pour être présent sur Internet, il faut donc que je produise de l'information.

Sur Terre, dans notre univers fait d'atomes, la base de l'identité c'est notre corps. Ce que je suis, c'est au moins mon cerveau. Si la réponse est bien plus complexe que cela, il est indéniable qu'aux yeux des autres, ce qui fait de moi un être unique c'est mon corps. C'est d'ailleurs pour ça que l'on est confus lorsqu'on se retrouve face à des jumeaux par exemple. Qui est qui ? Sans rentrer donc dans le détails des controverses philosophiques sur le fondement de l'identité, il nous suffit pour le moment de nous en tenir à cette idée. C'est grâce à mon corps que j'ai une identité.
Mais sur Internet je n'ai pas de corps, et je ne peux pas en avoir. D'ailleurs je peux très bien n'y être rien. Si je ne suis pas présent sur Internet je ne peux pas y avoir d'identité. Exactement pareil que sur Terre. Je ne suis quelqu'un que si je suis présent sur Terre, je suis présent grâce à mon corps, c'est donc la source de mon identité. Quelle est, alors, la source de ma présence, de mon identité sur Internet ? Ce que je dis, ce que je fais. Les bits ne sont que la transposition de l'information, pour être présent sur Internet, il faut donc que je produise de l'information.
Cette production c'est un mail, un blog, un flux RSS, une homepage, etc. Je suis ce que j'y dit. On voit tout de suite
un premier problème. En effet, je peut me "dire" de diverses manières. Un blog qui parle de litterature, un site web qui parle de physique nucléaire. Deux aspects de ma personnalités sut Terre, deux identités distinctes sur Internet. C'est ce que j'appelle à la suite de Doueihi l'identité polyphonique.
Est-ce si différent de ce dont on fait l'expérience hors de l'environnement numérique ? Est-ce si différent des multiples aspects de notre personnalités ? Oui je le pense. Je le pense parce qu'à moins d'avoir un trouble de la personnalité (une personnalité multiple) ses différents aspects ne sont pas la source d'une identité distincte. Pour la mairie, la sécurité sociale, l'État et ma banque je suis la même personne. Or pour Facebook, Blogger, et Hotmail, je ne le suis pas. Je suis trois personnes différentes qui, à la rigueur partagent certains points communs.
C'est d'ailleurs pour cela, qu'il existe des services comme OpenID qui cherchent à permettre aux utilisateurs de n'avoir qu'une identité sur le net, et non plusieurs.
Il y a plusieurs conséquences à cela. L'une d'entre elle à trait à la construction des communautés. J'aurais l'occasion d'y revenir. Et vous, que vous inspire cette notion ?
Photos : Flickr Heathzib, Amazon
un premier problème. En effet, je peut me "dire" de diverses manières. Un blog qui parle de litterature, un site web qui parle de physique nucléaire. Deux aspects de ma personnalités sut Terre, deux identités distinctes sur Internet. C'est ce que j'appelle à la suite de Doueihi l'identité polyphonique.Est-ce si différent de ce dont on fait l'expérience hors de l'environnement numérique ? Est-ce si différent des multiples aspects de notre personnalités ? Oui je le pense. Je le pense parce qu'à moins d'avoir un trouble de la personnalité (une personnalité multiple) ses différents aspects ne sont pas la source d'une identité distincte. Pour la mairie, la sécurité sociale, l'État et ma banque je suis la même personne. Or pour Facebook, Blogger, et Hotmail, je ne le suis pas. Je suis trois personnes différentes qui, à la rigueur partagent certains points communs.
C'est d'ailleurs pour cela, qu'il existe des services comme OpenID qui cherchent à permettre aux utilisateurs de n'avoir qu'une identité sur le net, et non plusieurs.
Il y a plusieurs conséquences à cela. L'une d'entre elle à trait à la construction des communautés. J'aurais l'occasion d'y revenir. Et vous, que vous inspire cette notion ?
Photos : Flickr Heathzib, Amazon
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Louis
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19:44
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